Disponible — Réponse sous 24 h · Antibes · 06 · 83 · 13 · 40 · France entière sur devis
04 22 46 06 04

Article

Votre constructeur sous-traite à une entreprise en difficulté : quel impact pour vous ?

octobre 2, 2026

Votre constructeur sous-traite à une entreprise en difficulté : quel impact pour vous ?

Si le sous-traitant de votre constructeur tombe en procédure collective, le chantier s’arrête net, mais votre contrat principal reste valable : c’est le constructeur signataire (CMI ou entreprise générale) qui reste responsable envers vous, à charge pour lui de trouver un remplaçant. Le problème, c’est le délai, les malfaçons déjà réalisées et parfois la mauvaise foi d’un maître d’œuvre qui se défausse.

C’est une situation que nous rencontre de plus en plus en expertise sur le secteur Antibes-Nice-Cannes. Le marché du gros œuvre et de la couverture est sous tension depuis deux ans, et les procédures collectives de PME du bâtiment se multiplient. Vous, en tant que maître d’ouvrage, vous ne voyez rien venir : votre contrat est signé avec une société qui a pignon sur rue, assurée, solvable sur le papier. Mais le maçon ou le couvreur qu’elle emploie en sous-traitance, lui, dépose le bilan en plein chantier.

Qui est responsable juridiquement envers vous

La règle est simple sur le principe : vous n’avez aucun lien contractuel avec le sous-traitant. Votre interlocuteur unique reste l’entreprise ou le constructeur qui a signé le marché avec vous (CCMI, marché de travaux, contrat d’entreprise générale). C’est lui qui doit :

  • continuer à exécuter le chantier dans les délais contractuels, sous peine de pénalités de retard ;
  • remplacer le sous-traitant défaillant par un autre prestataire, à ses frais ;
  • garantir la conformité et la solidité de l’ouvrage, même pour la partie réalisée par le sous-traitant en liquidation.

En pratique, ce principe se heurte au réel. Un constructeur qui perd son maçon du jour au lendemain n’a pas toujours de solution de repli immédiate. Les délais glissent, parfois de plusieurs mois. Et si le constructeur lui-même est fragile financièrement, la défaillance du sous-traitant peut précipiter sa propre chute.

Les cas concrets que nous constatons sur le terrain

J’ai eu plusieurs dossiers typiques, tous publics au BODACC : une entreprise de maçonnerie gros œuvre placée en liquidation judiciaire en cours de chantier, laissant un soubassement non étanché et des arases mal reprises ; un couvreur sous-traitant en redressement qui a abandonné une charpente posée sans écran de sous-toiture ; un lot électricité confié à une société elle-même en procédure de sauvegarde, avec un tableau non conforme laissé en l’état pendant des semaines sans mise en sécurité.

Dans ces trois cas, le point commun : le travail inachevé ou mal fait a continué à se dégrader pendant le flou administratif. Une dalle non protégée prend l’eau, un relevé d’étanchéité provisoire cède à la première pluie, un réseau électrique non vérifié reste sous tension. Le temps que le constructeur retrouve un intervenant, le sinistre s’est souvent aggravé.

Ce qu’il faut faire immédiatement

  • Ne signez aucune réception de travaux sur une partie d’ouvrage réalisée par l’entreprise défaillante sans contrôle contradictoire préalable.
  • Faites constater l’état exact du chantier avant toute reprise par un nouvel intervenant : une fois les travaux recouverts, la preuve des malfaçons disparaît.
  • Mettez en demeure le constructeur, par écrit, de vous communiquer son plan de reprise et le délai prévisionnel.
  • Vérifiez les attestations d’assurance : décennale et dommages-ouvrage ne disparaissent pas avec la liquidation de l’entreprise, mais il faut les mobiliser rapidement.
  • Ne payez aucune facture correspondant à des travaux non vérifiés ou non achevés par le sous-traitant en difficulté.

J’ai détaillé la marche à suivre complète, notamment les démarches auprès du mandataire judiciaire et la mobilisation de la garantie, dans cet article : entreprise de travaux en liquidation, que faire.

Pourquoi l’expertise est décisive dans ce contexte

Dans ce genre de dossier, la question n’est jamais seulement juridique. Elle est technique : qu’est-ce qui a réellement été fait, dans quelles conditions, et est-ce que l’ouvrage est repris dans les règles par le nouvel intervenant ? Un rapport d’expertise indépendant, daté, avec constat photographique et mesures, est la seule pièce qui vous protège si le litige s’envenime entre vous, le constructeur et les assureurs. Il fixe un état des lieux incontestable au moment où l’entreprise défaillante quitte le chantier, avant que tout soit recouvert par le repreneur.

Si des désordres structurels sont apparus pendant cette période de flottement — fissures sur un mur porteur mal étayé, tassement après un terrassement interrompu — nous vous renvoie aussi vers mon guide sur les fissures et désordres structurels, qui détaille la méthode de diagnostic.

Le constructeur peut-il me répercuter le surcoût du remplacement du sous-traitant ?

Non, pas sans votre accord. Le contrat qui vous lie fixe un prix global. Sauf clause de révision explicite, le constructeur doit absorber ce surcoût : c’est lui qui a choisi son sous-traitant et qui porte le risque de défaillance.

Que se passe-t-il si le constructeur lui-même tombe en liquidation après celle du sous-traitant ?

C’est le scénario le plus grave. Vous devez alors déclarer votre créance auprès du mandataire judiciaire et mobiliser la garantie de livraison (CCMI) ou l’assurance dommages-ouvrage si elle a été souscrite. C’est une procédure différente, à traiter en urgence avec un avocat spécialisé.

Dois-je attendre la fin du chantier pour faire constater les malfaçons du sous-traitant défaillant ?

Surtout pas. Les éléments litigieux (fondations, étanchéité, réseaux) sont souvent recouverts par les travaux suivants. Une fois cachés, ils deviennent très difficiles à prouver. Il faut faire constater dès que la défaillance est connue, avant toute reprise de chantier.

Si votre chantier est bloqué par la défaillance d’un sous-traitant, n’attendez pas que la situation s’aggrave : faire constater l’état du chantier dès maintenant sécurise vos droits pour la suite.

CE

Cassini Expertise

Expert du bâtiment indépendant — Antibes (06·83·13·40)

En savoir plus sur notre méthode et notre indépendance →

📅 Mis à jour le 02/10/2026 — Cassini Expertise, expert bâtiment indépendant (06·83·13·40).