BTP du Var : une vague de procédures collectives en 2026, vos chantiers concernés
Depuis le début de l’année, le Var enregistre une multiplication des liquidations et redressements judiciaires d’entreprises du bâtiment, de Fréjus à Toulon en passant par Draguignan, Six-Fours, Cuers et Rocbaron. Si vous avez un chantier en cours ou un devis signé avec une entreprise varoise, vérifiez sa situation avant le prochain versement, car un chantier arrêté en cours d’exécution coûte toujours plus cher à finir qu’à bien démarrer.
Ce qui se passe concrètement sur le terrain
Nous suis sur les chantiers du Var et des Alpes-Maritimes depuis des années, et le phénomène n’est pas une rumeur. Les publications au BODACC de ces derniers mois montrent des ouvertures de liquidation judiciaire et de redressement touchant des entreprises de gros œuvre, de maçonnerie, de charpente et de second œuvre, réparties sur tout le département :
- Fréjus : entreprises de construction et de rénovation touchées par des procédures de liquidation.
- Toulon et son agglomération : plusieurs structures de second œuvre et de gros œuvre en redressement.
- Draguignan : secteur rural et péri-urbain, artisans isolés particulièrement exposés.
- Six-Fours-les-Plages : entreprises liées à la rénovation de maisons individuelles.
- Cuers et Rocbaron : petites structures du bâtiment, souvent sous-traitantes, qui tombent en premier quand la trésorerie se tend.
Ce n’est pas un hasard géographique isolé. C’est un effet domino classique : hausse du coût des matériaux encaissée depuis 2022-2023, carnets de commandes qui se tarissent sur le marché de la construction neuve, délais de paiement qui s’allongent entre donneurs d’ordre et sous-traitants. Les entreprises les plus fragiles, souvent les plus petites, craquent les premières. Et dans le Var, le tissu économique du BTP est largement constitué de TPE et de petites PME familiales, donc le choc se diffuse vite.
Ce que ça change pour vous, concrètement
Si vous êtes en phase de construction ou de rénovation, trois choses méritent votre attention immédiate.
Le choix de l’entreprise
Un devis bas ne veut plus dire une bonne affaire. Il peut vouloir dire une entreprise qui cherche du cash immédiat pour tenir un mois de plus. Avant de signer, demandez une attestation d’assurance décennale à jour, vérifiez l’ancienneté réelle de la structure au registre du commerce, et méfiez-vous des entreprises qui changent de nom ou de statut juridique sans raison apparente. Ce sont des signaux classiques de fin de vie d’une société en difficulté.
Les paiements
Ne payez jamais d’avance disproportionnée par rapport à l’avancement réel du chantier. Une entreprise en difficulté a besoin de trésorerie immédiate, pas forcément pour votre chantier. Exigez un échéancier calé sur des étapes vérifiables (fondations coulées, hors d’eau, hors d’air) et faites constater l’avancement avant chaque règlement. Si une entreprise insiste pour facturer plus vite que le chantier n’avance, c’est un signal d’alerte, pas une négociation anodine.
Les garanties
La garantie décennale et la garantie de parfait achèvement ne disparaissent pas automatiquement en cas de liquidation judiciaire, mais leur mise en œuvre devient beaucoup plus compliquée : l’assureur décennal reste mobilisable, mais sans l’entreprise pour organiser les reprises, c’est à vous de porter le dossier, souvent avec un expert pour documenter les désordres et faire valoir vos droits.
Si le chantier est déjà bloqué
Si l’entreprise qui travaillait chez vous est déjà en liquidation ou en redressement, ne restez pas à attendre un coup de fil qui ne viendra pas. J’ai détaillé la marche à suivre, étape par étape, dans ce guide : entreprise de travaux en liquidation, que faire. La première urgence est toujours la même : faire constater et documenter précisément l’état du chantier à l’instant de l’arrêt, avant toute reprise par une autre entreprise. Sans ce constat, vous perdez la preuve de ce qui a été fait, de ce qui reste à faire, et de ce qui est déjà défectueux.
Et si des désordres apparaissent sur une construction récente, dans ce contexte où beaucoup d’entreprises travaillent vite et sous pression de trésorerie, la vigilance sur les fissures et les désordres structurels est de mise. Mon guide sur le sujet est ici : fissures et désordres structurels, expertise bâtiment 2026 dans le 06 et le 83.
FAQ
Comment savoir si mon entreprise de travaux est en difficulté avant que ça n’éclate ?
Surveillez les signaux faibles : retards de livraison répétés sans explication claire, demandes de paiement anticipé non prévues au contrat, changement d’interlocuteur ou d’adresse de facturation, silence prolongé sur les relances. Un simple contrôle au BODACC ou sur Infogreffe prend cinq minutes et peut vous éviter un gros problème.
Puis-je arrêter de payer si j’apprends que l’entreprise est en redressement judiciaire ?
Non, vous devez respecter le contrat signé tant qu’il n’est pas rompu, mais vous pouvez et devez geler tout paiement d’avance non justifié par l’avancement réel. En cas de doute, faites constater l’état du chantier avant tout nouveau règlement.
Mon assurance décennale me protège-t-elle si l’entreprise disparaît ?
La garantie décennale reste due par l’assureur de l’entreprise, même si celle-ci est liquidée, à condition qu’elle ait bien souscrit cette assurance et que le sinistre relève de son champ. Mais sans l’entreprise, c’est vous qui devez monter le dossier, avec des preuves solides de l’état du bâtiment et des désordres constatés.
Faire constater l’état du chantier
Cassini Expertise
Expert du bâtiment indépendant — Antibes (06·83·13·40)
📅 Mis à jour le 02/10/2026 — Cassini Expertise, expert bâtiment indépendant (06·83·13·40).