FONCIER — SERVITUDE
Dans les immeubles marseillais, particulièrement dans le quartier du Panier ou de Noailles, la cour intérieure est souvent partagée entre plusieurs propriétaires via une servitude de cour commune. Ce n’est pas une copropriété — c’est un droit d’usage réciproque. Et quand l’un des propriétaires veut modifier la cour, y installer un local à vélos, une terrasse ou un barbecue, les conflits éclatent. Voici ce que dit la loi et comment trancher ces litiges.
1. Qu’est-ce qu’une servitude de cour commune ?
La servitude de cour commune est une servitude conventionnelle (art. 686 C.civ.) qui permet à plusieurs propriétaires d’utiliser une même cour. Chacun est propriétaire de sa parcelle de sol, mais tous ont un droit d’usage sur l’ensemble. Ce type de servitude est très fréquent dans les immeubles anciens de Marseille, où la cour sert d’accès, d’éclairage et d’aération pour plusieurs bâtiments.
Attention : une servitude de cour commune n’est pas une indivision. Chacun reste propriétaire exclusif de son lot. Le droit d’usage est limité à ce qui est nécessaire pour la destination de la cour.
2. Droits des propriétaires
- Circuler librement dans la cour
- Accéder à son logement par la cour
- Stationner temporairement pour charger/décharger
- Organiser des réceptions de façon ponctuelle
- Installer des plantes en pot (mobiles) sans gêner le passage
- Servitude de vue à Nice : calcul d’angle et distance réglementaire (Art. 678-680 C.civ.)
- VEFA vue mer à Antibes : garantie contractuelle non respectée, que faire ?
3. Obligations et interdictions
- Ne pas réduire la surface de la cour sans l’accord de tous les bénéficiaires
- Ne pas stationner de façon permanente si la cour sert aussi de passage
- Ne pas stocker de matériels ou d’encombrants
- Ne pas modifier l’écoulement des eaux pluviales
- Entretenir sa partie de cour (balayage, désherbage)
- Contribuer aux frais d’entretien des parties communes (canalisation, éclairage) — proportionnellement à la valeur de son lot
- Servitude de vue à Nice : calcul d’angle et distance réglementaire (Art. 678-680 C.civ.)
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4. Litiges fréquents à Marseille et solutions
Litige 1 : Un propriétaire veut fermer la cour par un portail
Un portail qui restreint l’accès peut être imposé si la majorité des propriétaires le vote (en fonction de la répartition des droits). Mais si un seul propriétaire l’installe sans accord, c’est une violation de la servitude. Action possible : référé pour enlèvement sous astreinte.
Litige 2 : Un voisin installe une terrasse en bois sur la cour
Si la terrasse est fixe et occupe une partie de la cour, elle peut constituer un empiètement sur le droit d’usage des autres. Mais si elle est démontable et ne gêne pas le passage, elle est généralement tolérée. En cas de conflit, le juge apprécie au cas par cas (CA Aix-en-Provence, 12 janv. 2021).
Litige 3 : Qui paie les réparations des canalisations sous la cour ?
Les canalisations qui desservent plusieurs propriétaires sont considérées comme des « parties communes » de la servitude. Les frais de réparation sont répartis entre tous les bénéficiaires de la servitude, proportionnellement à la valeur de leur lot. Si un propriétaire refuse de payer, les autres peuvent saisir le tribunal judiciaire de Marseille pour obtenir le remboursement.
5. La procédure en cas de conflit
Avant d’aller en justice, tentez une conciliation :
- Convocation de tous les propriétaires concernés à une réunion
- Établissement d’un constat d’huissier si nécessaire (200-250€)
- Proposition de solution amiable écrite
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- VEFA vue mer à Antibes : garantie contractuelle non respectée, que faire ?
Si la conciliation échoue, saisissez le tribunal judiciaire de Marseille. Le juge peut :
- Ordonner la suppression des installations illicites
- Fixer les règles d’usage de la cour
- Condamner le propriétaire abusif à des dommages et intérêts
- Désigner un expert pour évaluer les préjudices
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Cas pratique : Marseille, quartier du Panier
Dans un immeuble du XVIIe siècle situé rue du Panier, six propriétaires se partageaient une cour commune. L’un d’eux y avait installé une cuisine d’été fixe avec un barbecue encastré, réduisant de 30% la surface de passage. Les cinq autres propriétaires l’ont assigné. Le tribunal a ordonné la démolition de la cuisine et condamné le propriétaire à 2 000€ de dommages pour trouble de jouissance, plus les frais d’expertise.
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📅 Mis à jour le 29/07/2026 — Par Cassini Expertise, expert bâtiment indépendant 06 & 83. Devis gratuit : 04 22 46 06 04.
Pour aller plus loin :
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une servitude de cour commune à Marseille ?
Une servitude de cour commune est un droit accordé à certains copropriétaires d'utiliser une cour située sur une autre parcelle, souvent pour l'accès ou l'éclairage. À Marseille, elle est régie par le Code civil et les règlements de copropriété, et son usage doit respecter la destination de la cour.
Quels sont les droits des copropriétaires sur une cour commune ?
Les copropriétaires bénéficiaires ont le droit d'accéder à la cour, de l'utiliser pour circuler, et d'en profiter pour la lumière et l'aération. Ils doivent néanmoins respecter les restrictions éventuelles prévues par le titre de propriété ou le règlement, et ne pas en faire un usage exclusif.
Quelles obligations ont les copropriétaires concernant l'entretien de la cour commune ?
L'entretien de la cour commune incombe généralement à tous les copropriétaires qui en ont l'usage, proportionnellement à leurs droits. Les frais de réparation et de nettoyage sont répartis selon les tantièmes, sauf clause contraire. Chacun doit aussi veiller à ne pas dégrader la cour et à respecter les règles de sécurité.
