L’essentiel. Villa avec sous-sol aménagé en pièces de vie, Villeneuve-Loubet (06). Un ancien vide sanitaire transformé en séjour et en salle de bain reste humide en permanence. La visite montre un vide ventilé sous dallage sans aucune sortie d’air vers l’extérieur, dont l’entrée d’air débouche… dans la pièce aménagée, et un sol de salle de bain coulé à même le terrain, sans coupure capillaire. Rapport technique annexé à la déclaration de sinistre dommages-ouvrage.
Le contexte
Une propriétaire a fait aménager le sous-sol de sa villa – un ancien vide sanitaire – en pièces de vie : un séjour dont le plancher repose sur des coffrages perdus alvéolaires de type « igloo », qui créent sous la dalle un réseau de galeries destinées à être ventilées par l’air extérieur, et une salle de bain dont le sol a été réalisé par la même entreprise. Depuis l’aménagement, l’humidité est constante : joints de carrelage sombres, enduit saturé, fissures jaunies, air lourd. Les pièces sont occupées malgré tout, et le désordre gêne l’usage au quotidien.
La question posée
La propriétaire s’apprête à déclarer un sinistre au titre de son assurance dommages-ouvrage. Sa demande : documenter les désordres, les mesurer, avancer des causes probables – et le faire correctement, parce qu’une déclaration mal étayée expose à un refus de prise en charge. La mission, non destructive, consiste à décrire les faits, à les mesurer et à les confronter aux règles de l’art, en laissant à l’expert de l’assureur le soin de confirmer les causes.
Le déroulé de la visite
L’examen a commencé par les abords : joint de dallage ouvert le long de la façade, descente d’eaux pluviales rejetée au sol, avaloir encombré de feuilles – autant d’éléments signalés pour examen, sans conclusion hâtive sur leur rôle. Puis le sous-sol lui-même : le plancher sur coffrages perdus, la salle de bain, la station de relevage, la ventilation mécanique. Les mesures ont été faites au thermo-hygromètre, à l’humidimètre – l’un à sonde de surface, l’autre à pointes – et au thermomètre infrarouge, chaque relevé étant photographié appareil au contact.

Observations clés
Un vide ventilé qui ne ventile pas

Le constat central tient en deux phrases. D’une part, aucune sortie d’air ne relie le vide sous dallage à l’extérieur. D’autre part, la seule liaison d’air visible – un tuyau PVC traversant la dalle – relie bien le vide au monde, mais au mauvais endroit : son extrémité s’ouvre dans le local aménagé. Autrement dit, le seul air en communication avec le vide est l’air intérieur, déjà chargé d’humidité, tandis que celle du terrain reste piégée sous la dalle. Or les Avis Techniques des procédés de ce type exigent au moins une entrée et une sortie, de préférence opposées, la sortie en partie haute : sans balayage, le vide ne remplit aucune de ses fonctions.
Une salle de bain sans coupure capillaire

Dans la salle de bain du sous-sol, l’eau remonte jusqu’aux joints du sol, qui sont sombres autour du meuble vasque. Le sol a été réalisé à même le terrain, sans film polyane ni hérisson, et sans joint de rupture entre le sol et les murs. L’enduit, au raccord avec le carrelage mural, est saturé : l’humidimètre à pointes s’affiche en butée, l’indice de surface grimpe nettement près des huisseries. Le NF DTU 20.1 classe un local habitable enterré en catégorie 1 – celle où aucune trace d’humidité n’est admise sur la face intérieure des parois. Ce n’est manifestement pas le cas ici.

Des mesures qui situent le problème
L’air à la prise d’air du vide affiche environ 60 % d’humidité relative pour 22,9 °C, avec un point de rosée à 14,8 °C – le haut de la plage de confort, pour un relevé unique. Les surfaces mesurées au thermomètre infrarouge restent au-dessus de ce seuil : pas de condensation démontrable à ces points. Le désordre, lui, est dans les matériaux – enduit saturé, joints humides – pas seulement dans l’air. C’est ce qui distingue une gêne d’ambiance d’une pathologie du bâti : les indices d’humidité, comparés point à point, racontent la seconde.
Analyse et livrable
Le rapport de 12 pages établit un parallèle systématique entre ce qui a été constaté et ce qu’exigent les règles de l’art : Avis Technique des coffrages perdus alvéolaires, NF DTU 20.1 pour les parois enterrées, NF DTU 13.3 pour les dallages, NF DTU 52.2 pour les revêtements de sol collés, arrêté du 24 mars 1982 pour les débits d’extraction. Il formule deux causes probables – défaut de mise en œuvre du vide ventilé, absence de coupure hydrique sous la salle de bain – et liste les investigations contradictoires qui permettraient de les confirmer : endoscopie ou carottage, test fumigène, enregistrement hygrométrique de 7 à 14 jours, sondage sous le carrelage. Les préconisations de reprise suivent la même logique : raccorder l’entrée d’air à l’extérieur et créer un exutoire en partie haute, reprendre le sol avec une vraie coupure de capillarité, remettre la ventilation en débit conforme.
Sur le plan assurantiel, l’analyse conclut que ces désordres relèvent d’un défaut d’exécution et non d’un défaut d’entretien, qu’ils sont de nature à rendre les locaux impropres à leur destination, et qu’il y a lieu de déclencher la garantie dommages-ouvrage – qui permet de faire préfinancer les réparations sans attendre la recherche des responsabilités.
Ce que cette mission illustre
Un procédé constructif ne vaut que par sa mise en œuvre. Des coffrages alvéolaires posés sans exutoire ne ventilent rien ; un sol coulé à même le terrain boit la moindre humidité. Le rôle du rapport est de transformer une gêne ressentie en constats localisés, mesurés et comparés aux textes – le seul langage que les assureurs traitent vite. Pour un dossier contentieux, cette descente peut aussi, si utile, se faire avec huissier de justice pour que le constat corrobore le rapport : notre pratique détaillée. Pour aller plus loin : notre page sur l’expertise dommages-ouvrage dans le 06, le 83 et le 13, notre diagnostic humidité et moisissures, l’article sur l’humidité en sous-sol après des travaux IGLU, et l’étude de cas voisine sur la recherche de l’origine d’une humidité en pied de mur à Vence.
Voir aussi : moisissures en copropriété – Antibes · toutes les études de cas
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📅 Mis à jour le 02/11/2026 - Cassini Expertise, expert bâtiment indépendant - départements 06, 83 et 13.