CO2 et humidité normaux mais des odeurs persistent : pourquoi vos tests ne disent pas tout
Vous avez fait ce qu’il fallait. Un capteur posé dans le séjour, des relevés sur plusieurs jours, un taux d’humidité entre 45 et 55 %, un CO2 qui ne dépasse pas 900 ppm. Tout est bon. Et l’odeur, elle, n’a pas bougé d’un millimètre.
Ce résultat n’est pas une erreur de mesure. C’est la conséquence logique de ce que ces deux paramètres mesurent — et surtout de ce qu’ils ne mesurent pas.
Ce que le CO2 raconte vraiment
Le dioxyde de carbone est un indicateur d’occupation, pas un indicateur de pollution. Il traduit le nombre de personnes présentes rapporté au volume d’air renouvelé. Un CO2 bas signifie simplement que l’air est suffisamment renouvelé pour évacuer ce que vous expirez.
Or les molécules odorantes ne suivent pas le CO2. Elles sont plus lourdes, elles stagnent près du sol, elles se déposent sur les surfaces poreuses et se relarguent ensuite. Une pièce peut afficher un CO2 excellent tout en piégeant, dans son tiers inférieur, une couche d’air chargée que le brassage général ne balaie jamais. Le capteur, posé sur une étagère à un mètre cinquante, mesure une réalité qui n’est pas celle de votre nez.
Le CO2 est aussi un indicateur moyen. Il lisse les pics. Une source qui émet par bouffées, au rythme des variations de pression ou de l’usage d’un appareil, disparaît complètement dans la moyenne.
Ce que l’hygrométrie ne peut pas voir
L’humidité relative décrit l’air. Elle ne décrit pas les matériaux. Une dalle, une chape, une sous-couche de parquet, un panneau de doublage peuvent contenir une humidité résiduelle importante et se dégrader chimiquement, pendant que l’air ambiant affiche des valeurs parfaitement confortables.
C’est la situation classique après un dégât des eaux mal séché, un revêtement posé sur un support trop humide, ou une remontée capillaire ancienne traitée en surface. L’épisode est terminé, l’hygromètre est revenu à la normale, et le matériau continue d’émettre des composés soufrés ou des aldéhydes dont le seuil de perception olfactif se situe très loin en dessous de toute valeur mesurable par un appareil d’ambiance.
Les familles de sources qu’aucun des deux ne couvre
Entre ces deux paramètres, une zone entière reste hors champ.
Les composés organiques volatils. Colles, résines, vernis, mousses, liants de panneaux : ils émettent pendant des mois, parfois des années. Leur concentration se compte en microgrammes par mètre cube et demande un prélèvement dédié.
Les gaz issus du sol. Sous un plancher posé sur terre-plein, le remblai d’origine et les anciens traitements chimiques du terrain restent actifs longtemps. Ces gaz remontent par les fissures de retrait, les joints, les réservations de plomberie et les passages de gaines. Leur débit varie avec la pression atmosphérique et la pluviométrie — d’où une odeur qui va et vient sans raison apparente.
Les remontées du réseau d’évacuation. Un siphon dont la garde d’eau s’est évaporée ouvre une communication directe avec l’égout. Une ventilation primaire bouchée en toiture désamorce les gardes d’eau par dépression à chaque chasse. Ces phénomènes sont intermittents et n’ont aucune traduction sur un capteur d’ambiance.
Les défauts localisés de ventilation. Une gaine écrasée, une bouche peinte, une manchette débranchée au-dessus d’un faux plafond créent une zone en dépression qui aspire l’air des volumes voisins — garage, cave, vide sanitaire — au lieu d’évacuer le sien. Le CO2 global reste bon, parce que le reste du logement ventile correctement.
La méthode : formuler les hypothèses, puis mesurer
Multiplier les capteurs ne résout rien. Une expertise efficace part de l’inverse : on construit d’abord un petit nombre d’hypothèses à partir du bâtiment et du comportement de l’odeur, puis on choisit les mesures capables de les départager.
Trois questions structurent cette phase. À quel moment l’odeur est-elle la plus forte, et à quelle hauteur ? Qu’est-ce qui la fait varier — la pluie, le vent, le chauffage, l’ouverture d’une porte, l’usage d’un point d’eau ? Et quelle est l’histoire du bâtiment : nature du sol, date de construction, travaux successifs, sinistres passés, remplacement des menuiseries ?
Les réponses orientent déjà fortement. Une odeur qui suit la pression atmosphérique désigne le sol. Une odeur qui suit l’usage de l’eau désigne les évacuations. Une odeur permanente et plus marquée fenêtres fermées désigne les matériaux ou un défaut de ventilation localisé.
Les mesures viennent ensuite confirmer ou écarter, chacune posée au bon endroit et au bon moment. C’est ce ciblage qui fait la différence entre un relevé qui décrit l’air et une investigation qui remonte à la source.
Faire lever le doute
Nous intervenons chez vous pour conduire cette démarche de bout en bout : mesures ciblées selon les hypothèses retenues — recherche de COV, dépistage des gaz du sol, contrôle de chaque garde d’eau et de la ventilation primaire, inspection du plancher, des trappes et des vides sanitaires, vérification des débits pièce par pièce. Vous recevez un rapport écrit sous 48 heures, qui nomme l’origine et indique les suites à donner. Nous ne vendons aucun travaux, et le devis est gratuit ☎ 04 22 46 06 04.
Cassini Expertise
Expert du bâtiment indépendant — Antibes (06·83·13·40)
📅 Mis à jour le 28/09/2026 — Cassini Expertise, expert bâtiment indépendant (06·83·13·40).